À la maison ? Comment ça se passe ?
Étape 9 du parcours. En France, malgré une lente évolution sociétale, la répartition des tâches domestiques reste profondément asymétrique. Les données les plus récentes (2024-2025) montrent que le fameux « partage équitable » se heurte encore à des stéréotypes tenaces et à une organisation souvent très genrée au sein des foyers.
Le constat en chiffres
Les enquêtes récentes menées par l'Ifop et BVA en 2024 et 2025 soulignent une stagnation préoccupante des pratiques. Près de 44 % des femmes déclarent accomplir « beaucoup plus » de tâches ménagères que leur conjoint, une proportion qui n'a quasiment pas évolué depuis une dizaine d'années en France.
La répartition quotidienne s'opère souvent selon une ligne de démarcation claire :
- Linge (tri, lessive, repassage) — très majoritairement féminine : 61 % des femmes gèrent la lessive au quotidien, contre seulement 25 % des hommes.
- Sortie des poubelles — très majoritairement masculine : C'est l'une des rares tâches où l'implication masculine est écrasante (assumée à plus de 90 % par des hommes).
- Alimentation (courses, cuisine) — mixte mais inégale : Les hommes s'y investissent de plus en plus sans rechigner, mais les femmes conservent la charge de la planification (menus, listes).
- Bricolage — majoritairement masculine : Reste fortement associé aux stéréotypes de genre traditionnels.
Charge mentale et point de rupture
L'inégalité ne réside pas seulement dans le temps d'exécution de la corvée, mais dans la charge mentale — c'est-à-dire l'anticipation, la planification, et la gestion des imprévus du quotidien. La Drees (2024) pointe que les idées reçues restent solidement ancrées dans les mentalités : 66 % des personnes interrogées estiment par exemple que les mères savent mieux répondre aux attentes et besoins des enfants que les pères.
Cette surcharge souvent invisible génère des conflits de plus en plus vifs, particulièrement chez les jeunes couples. La recherche de l'égalité est devenue un enjeu conjugal majeur, voire un motif de séparation : 16 % des femmes déclarent avoir déjà mis fin à une relation à cause d'un déséquilibre persistant dans le partage des tâches, un chiffre qui grimpe à 23 % chez les moins de 35 ans.
L'enjeu de l'accompagnement psychosocial
Face à ces résistances systémiques, l'approche clinique et associative est cruciale. Le développement d'initiatives locales de proximité — comme celles qui se structurent activement dans le Val-d'Oise — dédiées à l'égalité femmes-hommes répond à un besoin urgent sur le terrain.
L'animation d'ateliers de soutien psychosocial offre aux femmes un espace de parole indispensable pour verbaliser et décortiquer cette charge mentale. S'appuyer sur des approches thérapeutiques validées s'avère particulièrement pertinent : l'utilisation d'outils issus de l'ACT (pour se détacher des injonctions sociétales de perfection domestique) ou de la MBCT (pour prévenir l'épuisement) permet d'accompagner concrètement l'évolution des dynamiques intrafamiliales, bien au-delà du simple constat statistique.
Étape suivante
Terminez le parcours avec un quiz de bilan de 15 questions couvrant l'ensemble des modules.